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La bibliothèque publique de New York


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La bibliothèque publique de New York

Traduit par Maud Vanrykel — il y a 2 ans

Texte original par Patricia Saiz Díaz

La bibliothèque publique de New York

Les origines de cette remarquable institution remontent à l'époque où New York était en passe de devenir une des villes les plus importantes du monde. Dans la seconde moitié du XIXᵉ siècle, la population new-yorkaise avait déjà dépassé celle de Paris et rattrapait rapidement celle de Londres, la ville la plus peuplée du monde à l'époque. Par chance, cette métropole florissante et un brin téméraire comptait parmi ses citoyens des hommes persuadés que New York était sur le point de devenir un des plus grands centres de culture urbaine du monde et que la ville devait donc posséder une grande bibliothèque.

Parmi eux, Samuel J. Tilden (1814-1886), gouverneur de New York durant un mandat qui, à sa mort, a légué la majeure partie de sa fortune (environ 2, 4 millions de dollars) dans le but d'« établir et maintenir une bibliothèque et une salle de lecture dans la ville de New York ».

La bibliothèque publique de New York

À la mort de S. J. Tilden, New York comptait déjà deux bibliothèques d'une importance considérable : les bibliothèques Astor et Lenox. Mais celles-ci ne pouvaient être qualifiées de véritables institutions publiques tel que l'imaginait S. J. Tilden. La bibliothèque Astor fut créée grâce à la générosité de John Jacob Astor (1763-1848), un immigré allemand qui était, à sa mort, l'homme le plus riche d'Amérique. Dans son testament, il léguait 400 000 dollars destinés à la création d'une bibliothèque de référence à New York. C'est ainsi que la bibliothèque Astor a ouvert ses portes en 1849 dans le bâtiment qui est aujourd'hui le foyer du New York Shakespeare Festival Public Theatre de Joseph Papp. Même si les livres ne circulaient pas et que l'entrée était limitée, cette bibliothèque était une source majeure de références et de recherches.

À l'époque, une autre bibliothèque importante de New York avait été fondée par James Lenox. Celle-ci comptait principalement sa collection personnelle de livres d'une grande rareté (dont la première Bible de Gutenberg à atteindre le Nouveau Monde), des manuscrits et des documents sur la culture américaine. Désormais remplacée par la Frick Collection, la bibliothèque Lenox était principalement destinée aux bibliophiles et aux érudits. Même si la bibliothèque pouvait être utilisée gratuitement, un billet d'entrée était requis.

La bibliothèque publique de New York

En 1892, les deux bibliothèques connaissaient des difficultés financières. La baisse de ressources financières associée à l'augmentation du nombre de livres disponibles ont obligé l'administration à reconsidérer sa mission. Dans ce contexte, John Bigelow, avocat new-yorkais et fiduciaire de S. J. Tilden, a eu l'idée audacieuse de rassembler les ressources de J. J. Astor, de J. Lenox et de S. J. Tilden afin de former une toute nouvelle entité : « The New York Public Library, Astor, Lenox and Tilden Foundations ». Le projet de J. Bigelow, signé et approuvé le 23 mai 1895, a été salué comme un exemple sans précédent de philanthropie privée pour le bien public.

La nouvelle bibliothèque publique est construite à la place du « Croton Reservoir », un lieu passé de mode qui occupe deux pâtés de maisons situés sur la Cinquième avenue, entre la 40 et la 42ᵉ rue. Dr. John Shaw Billings, un des bibliothécaires les plus brillants de l'époque, fut nommé directeur.

Il savait précisément ce qu'il voulait. Son plan, esquissé sur un bout de papier, est devenu le modèle de base de la structure majestueuse de ce bâtiment désormais emblématique, connu pour ses deux lions et sa vie intellectuelle frénétique. Le plan de J. S. Billings comprenait une gigantesque salle de lecture étendue sur plus de sept étages ainsi que le système de prêt le plus rapide du monde afin que les ressources de la bibliothèque arrivent dans les mains des lecteurs le plus vite possible.

La concurrence était rude entre les architectes les plus célèbres et les mieux cotés de la ville mais c'est finalement une entreprise relativement inconnue, Carrère & Hastings, qui a été choisie pour imaginer et construire la nouvelle bibliothèque. Le résultat, considéré comme l'apogée du style des Beaux-Arts, a offert la plus grande structure de marbre jamais réalisée aux États-Unis. Cependant, avant que la bibliothèque n'ouvre ses portes, quelque 500 ouvriers se sont usés à la tâche pendant deux ans afin de démonter l'ancien dépôt et préparer le site. La première pierre fut enfin posée en mai 1902.

La construction avançait lentement mais les ouvriers travaillaient sans relâche pour bâtir cette gigantesque bibliothèque, dont le coût final s'élèvera à 9 millions de dollars. Durant l'été 1905, les énormes piliers furent installés et la construction du toit a pu commencer. Fin 1906, le toit était terminé et les designers ont ainsi pu entamer cinq ans de travaux intérieurs. En 1910, 75 000 étagères ont été placées dans le but d'y accueillir les innombrables collections de livres.

La bibliothèque publique de New York

Lors de l'inauguration officielle le 23 mai 1911, 16 ans après la signature de l'accord historique entre les fondations Astor, Lenox et Tilden, la bibliothèque abritait plus d'un million de documents. Le président William Howard Taft fut désigné maître de cérémonie, assisté par le gouverneur de l’État, John Alden Dix, et le maire de New York, William J. Gaynor.

Le lendemain, la bibliothèque publique de New York a ouvert officiellement ses portes. La réaction du public fut absolument incroyable. Entre 30 000 et 50 000 visiteurs se présentèrent le premier jour. Un des premiers documents demandés fut « Nravstvennye idealy nashego vremeni » (Idées éthiques de notre époque), une étude sur Friedrich Nietzsche et Léon Tolstoi. Le lecteur a fait la demande à 9h08 et a reçu le livre six minutes plus tard!

Entre-temps, la bibliothèque avait constitué son département de prêt des livres et avait racheté la « New York Free Circulating Library » en février 1901. Un mois plus tard, le baron de l'acier Andrew Carnegie a offert 5 200 000 dollars destinés à la création d'un système de bibliothèques au travers de succursales dans toute la ville de New York (composée de 5 arrondissements depuis 1898), à la seule condition que la ville gère les sites et qu'elle finance l'entretien et les opérations des bibliothèques.

Plus tard cette année-là, la bibliothèque publique de New York a conclu un contrat avec la ville afin d'établir 39 succursales Carnegie dans le Bronx, à Manhattan et à Staten Island. Brooklyn et le Queens avaient créé des systèmes bibliothécaires indépendants (la bibliothèque publique de Brooklyn et la bibliothèque de Queens) avant le regroupement des arrondissements de 1898. Ainsi, dès les premiers jours de la bibliothèque publique de New York, une étroite collaboration s'est établie avec la ville afin de toucher la communauté new-yorkaise, une tradition qui existe toujours actuellement.

Quasiment du jour au lendemain, la bibliothèque publique de New York est donc devenue un élément essentiel de la vie intellectuelle américaine. Parmi ses premiers bénéficiaires se trouvaient les récents immigrés, pour qui la bibliothèque servait d'intermédiaire avec la littérature et l'histoire de leur nouveau pays mais également avec leur propre patrimoine.

Actuellement, les 92 sites de la bibliothèques comprennent quatre centres de recherche (spécialisés dans les sciences humaines et sociales, les arts scéniques, l'histoire des Afro-Américains et leur culture, les affaires et l'industrie) ainsi qu'un réseau de bibliothèques locales dans le Bronx, à Manhattan et à Staten Island. Le système permet un accès libre et gratuit à toutes les collections physiques et électroniques ainsi qu'à toutes les informations et propose des services pour les personnes de tous âges, des enfants jusqu'aux adolescents, en passant par les adultes. Au total, la bibliothèque compte plus de 51 millions de documents allant d'articles de recherche à des ressources pour les personnes atteintes de déficience visuelle. De plus, chaque année, des milliers d'expositions et de programmes publics sont menés à bien, notamment des cours de technologie, d'alphabétisation, de recherche ou d'anglais langue étrangère. La bibliothèque accueille quelque 18 millions de clients dans ses bâtiments chaque année. Par ailleurs, son site Internet compte 32 millions de visiteurs par an de plus de 200 pays différents.

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