Je ne pouvais pas le supporter mais j'ai appris à aimer mon frère d'accueil

Si tu as aussi fait un échange linguistique au lycée, tu dois probablement savoir qu'entre le moment où tu envoies ta candidature à l'étranger et celui où tu reçois les infos sur ta famille d'accueil, une longue attente les sépare et elle te rend petit à petit dingue. Tout ce que tu veux, c'est de partir et tu désespères de savoir où se passera l'échange qui remplira un an de ta vie. Et quand tu t'y attends le moins, voilà la lettre que tu as tant attendue et elle n'attend que d'être ouverte. Un soir, j'étais sur mon ordinateur et après avoir fini tout ce que j'étais occupé à faire, j'ai bizarrement décidé de vérifier ma boîte mail. Qui sait? peut-être quelqu'un m'aura-t-il envoyé quelque chose d'important. C'était le destin car moins de dix minutes plus tôt, mon père d'accueil m'avait envoyé un (court) e-mail dans lequel il se présentait lui et sa famille. "Je suis Brian, je t'écris depuis le Colorado, aux États-Unis. Ma femme s'appelle Kim et mon fils s'appelle Hunter. "

Faire connaissance.

Parmi la centaine de mails que nous nous sommes échangés, l'un d'eux expliquait que Kim et Brian seraient en Suisse à la fin du mois de juillet et ils m'ont demandé si je pouvais les rejoindre afin de les rencontrer en personne, ils pourraient ainsi rencontrer ma famille et me donner des conseils lorsque j'arriverai au Denver International Airport. Mon instinct a été positif sur cette rencontre, j'ai eu le sentiment qu'ils étaient comme ma famille dès le premier moment où je les ai vus. Pour mes parents, ce fut aussi une bonne occasion pour qu'ils voient les gens avec qui je m'apprêtais à vivre pour la durée d'une année. Hunter n'a pas pu voyager avec ses parents...

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Voici l'endroit où je les ai rencontrés, à savoir Sankt Moritz. Nous avons passé quelques heures ensemble, nous avons déjeuné, nous nous sommes promenés dans la ville puis il fut temps pour ma famille et moi de rentrer à Milan.

Toute situation (ou personne) n'est pas forcément facile à gérer.

J'atterris enfin à l'aéroport, je leur téléphone pour les prévenir que mon avion a été ponctuel. Il ne me reste plus qu'à passer la douane et puis, je les verrai m'attendre à la sortie. Faux. Ils étaient à la mauvaise porte et j'ai fini par les voir s'affairer à me chercher dans le terminal. C'étaient Brian et Hunter, ma mère d'accueil attendait dans la voiture. Il ne cessait de me fixer, il essayait sûrement de capter quel genre de personne j'étais. J'ai essayé d'être sympa avec lui dès le début et j'ai pu remarquer qu'il était aussi sympa avec moi mais il faut croire qu'il avait deux faces. À la maison, il était tout sympa avec moi et puis à l'école, il ne me faisait pas autant cas que j'aurais cru qu'il le ferait. J'ai même commencé le tennis car on me l'a demandé et il était dans l'équipe. J'ai pensé que ce serait une bonne occasion de rencontrer des gens et d'apprendre à mieux le connaître mais au final, ça n'a été qu'une perte de temps parce qu'aucun des membres de l'équipe n'ont fini par être bons amis avec moi et je n'ai pas trop apprécié le comportement de mon frère d'accueil durant la saison de tennis.

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(Voici l'un des risques d'être un joueur de tennis professionnel. En fait, j'ai juste trébuché sur la toile et je suis tombé sur le court. C'était l'un de mes premiers jours d'entraînement. Mais j'ai appris l'auto-dérision durant mon échange au lieu de me soucier de ce que les autres auraient pu penser de moi à ce moment-là ahaha. )

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(Me voici, mais maintenant j'en impose plus et j'ai l'air plus concentré dans le jeu. En vérité, je ne sais même ce que j'étais en train de faire. #CoolMaVieSurLeCourtDeTennis)

Mais revenons à mon frère d'accueil. Parfois, il ne se rend pas compte à quel point il a de la chance d'avoir des parents qui l'aiment tant, j'avais parfois l'impression qu'il était pourri gâté car il n'appréciait pas vraiment ce qu'il avait déjà. Il faisait aussi les mauvais choix même quand je lui conseillais de changer d'avis et de faire le bon choix. J'imagine qu'on a vraiment commencé à s'entendre début novembre, à partir de mon anniversaire jusqu'au 25e anniversaire de mes parents d'accueil et ensuite Thanksgiving et les vacances d'hiver. Il s'est mis a m'inviter dans sa chambre pour jouer aux jeux-vidéos, regarder des séries, manger des cochonneries à 2 heures du matin... Cela peut ne pas avoir l'air très attirant mais c'est tout ce que je souhaitais. Je voulais qu'on ait un lien et découvrir qui il était vraiment. Au début, pour me présenter aux autres, il disait "voici mon étudiant d'échange qui vient d'Italie" mais au final il a commencé à dire aux gens que j'étais son "frère italien". Cela faisait évidemment du bien d'être présenté aux autres comme un membre de la famille plutôt que comme un "animal de compagnie" étranger. Il a aussi commencé à apprécier ma compagnie (j'imagine) et il m'a dit qu'il me considérait comme un modèle. S'il avait un problème, il pensait à quelle serait ma réaction dans la même situation. Je trouve que c'est vraiment cool. Nous ne sommes pas seulement devenus potes, mais après cette phrase qu'il m'a dite, j'ai eu le sentiment d'avoir réussi à avoir un petit frère.

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Cette photo résume en gros tout ce que mon frère d'accueil et moi faisions ensemble. Sauf qu'au lieu d'être debout, nous reposions nos fesses "fatiguées" sur le canapé à manger un plat de mac'n'cheese. Je sais, je suis italien et je devrais savoir que de la nourriture réchauffée au micro-ondes avec de la poudre de fromage ne sont pas des vraies pâtes (ou même de la bonne nourriture) mais c'est tout ce que le placard avait à offrir. Et en plus, nous ne pouvions cuisiner à 2 heures du matin, nous devions continuer à avoir l'air normaux aux yeux de "nos" parents :')

Pourquoi écrire cet article?

J'écris tout ceci parce que je sais que de nombreux étudiants quittent en ce moment-même leur maison pour découvrir un nouveau foyer à l'étranger mais je dois vraiment prévenir tout le monde qu'il faut mériter les choses. Ne t'attends pas à ce que tout soit parfait dès le début.

Rends-toi dans ton pays d'accueil sans avoir d'attentes car tu pourrais être déçu par ce qui t'attend vraiment à l'étranger. Ne fais pas cette erreur mais tu devrais plutôt persister. À la fin de l'année, tu auras une expérience complètement personnelle et tu auras parcouru ta propre route plutôt que d'avoir eu l'échange que tu t'étais imaginé. Lire les expériences des autres avant de faire un échange est une bonne chose pour t'inspirer à faire peut-être mieux, pas à les copier. Je suis sûr que si tu te rends aux États-Unis, il y aura des choses que tu feras comme dans tout échange :

  • Essayer une boisson du Starbucks,
  • Aller au bal de promo car ça fait partie de l'expérience (encore mieux, si tu obtiens le titre de reine ou de roi du bal! ),
  • Aller au labyrinthe la nuit d'Halloween (je ne suis pas sûr que tout le monde organise cela mais je vous conseille d'y aller s'il y en a un près de chez vous),
  • Célébrer le Jour de l'Indépendance (en fait, je connais des étudiants qui partent en juin mais essaye plutôt de rester plus longtemps si ton visa n'expire après la fin des cours. Je suis resté aux USA jusqu'au 15 juillet! ).

- Cristian //

{Ancien étudiant du programme Rotary Youth Exchange d'Italie au Colorado}


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