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Merci de m'avoir convaincu

"Je suis libre. Je vais me mettre à faire ce que j'aime vraiment. Et voyager! Merci de m'avoir convaincu".

Je vais raconter l'histoire depuis le début.

Dimanche dernier, j'ai écrit à Pablo sur le réseau social la face de bouc. Et, chose assez surprenante, il était de l'autre côté de l'écran (surprenante car depuis qu'il a commencé à travailler, nous n'avions pas eu le temps de nous voir).

J'ai rencontré Pablo, il y a cinq ans, en première année de licence. Cela fait de lui, le plus vieil ami (de sexe masculin) de l'environnement universitaire qui est resté à mes côtés. C'est un garçon très curieux, il sait beaucoup sur de nombreux sujets, ce qui fait qu'il ne se tait jamais sur n'importe quel thème de conversation. Internet est une autre partie de son corps, il fait toujours appel à de l'information écrite ou visuelle, il regarde vidéos sur vidéos sur vidéos jusqu'à l'infini. Il est très riable (je viens juste de le sortir de mon chapeau pour dire qu'il rigole facilement et de tout). J'ai toujours aimé faire des groupes avec lui car il est très travailleur, investit, et minutieux. Ce diamant du Nil est en plus, est plus beau qu'un sou neuf. Si je devais dire un mais serait que l'affection lui est inconnue (ou du moins il peine à le démontrer). Il fait partie de ceux qui ont du mal à prendre dans le bras ou dont le contact direct de plus de 4 secondes les met mal à l'aise (à mon avis).

Cela dit, je peux continuer mon histoire. J'étais en train de chatter avec Pablo dimanche fin de matinée quand nous avons décidé de nous voir après manger et que je puisse (enfin! ) rencontrer Thor (son nouveau chien). Je suis allée jusqu'à chez lui et quand j'ai vu ce petitou, j'ai complètement fondu devant sa tête si mignonne. Allons à la montagne! a proposé l'un d'entre-nous, je ne me rappelle même pas qui mais l'autre a accueilli l'idée comme si c'était la sienne. Pablo alla chercher la laisse tandis que je suis restée dehors avec Thor et nous avons commencé à faire la course (satané chien! il m'a épuisée).

Nous sommes arrivés au café de La Fuensanta, à coté de la vallée.

-Un café au lait pour moi.

-Un café, Pab? Arrêtes tes conneries, deux bières s'il vous plaît.

-Des demis ou pintes? demanda le serveur.

-Pintes, répondit Pablo avant que j'ai eu le temps d'ouvrir la bouche.

-Ah quel grand café! - me suis-je moquée.

Je lui ai raconté pourquoi j'avais quitté mon emploi à l'agence de publicité. J'ai essayé de lui démontrer, bien que ce fut difficile, combien Tenerife m'avait aidé à prendre cette décision.

-Quand j'y étais, j'ai eu m'occasion d'être à nouveau en contact avec la monde universitaire, que je n'avais pas apprécié depuis des mois. Tant de professeurs, d'étudiants, tant de savoir de toutes parts! Je sais pas Pab..., je me suis rendue compte que c'était ce que je voulais faire. Le master, le doctorat... C'est le chemin que je veux prendre. Je m'en fous de l'argent, heureusement je n'ai pas besoin de me remplir les poches maintenant ni de rester à contre-cœur dans une agence de publicité dont je sais parfaitement que ce n'est pas un monde auquel j'appartiens.

Il m'a écouté attentivement et m'a donné raison. Puis, il me raconta sa situation, son expérience professionnelle en tant que graphiste.

-Graphiste mon œil! Je suis graphiste mais en même temps, je suis celui qui imprime, coupe, apporte, fait les photos, accueille et sert... et part-dessus tout ils m'ont fait signé un contrat en tant que professionnel "non-qualifié", c'est-à-dire comme si je n'avais pas eu de licence ni master pour cotiser moins et, du coup, me payer moins. Si nous sommes en pleine campagne, il y a des jours où je rentre à 23 heures à la maison... et le jour suivant, je recommence. Ça me dégoûte!

- Et depuis quand tu ne fais plus d'animation? (sa spécialité est l'animation 3D sur ordinateur)

-Pfou...depuis que j'ai commencé à travailler. Je crois que la dernière fois que j'ai touché un clavier c'était il y a un mois et demi.

-Bon Pab, je ne vais pas te dire d'abandonner, car je suis sûre que tu apprends beaucoup, mais tu ne peux pas non plus ignorer ce qui te plaît le plus, non? Plus tu investiras de temps dans un travail qui te vole ton temps, plus tu repousses le moment où tu pourras intégrer un lieu où tu veux être vraiment.

-Oui... tu as raison. En plus, quelques-unes de mes amies vont à Cordoue pour Noel et m'ont proposé de venir, mais comment y aller? si je ne sais même pas quel jour je travaille et quel jour je suis libre car la chef préfère nous maintenir dans la peur... on ne peut lever la tête de l'ordinateur sous aucun prétexte.

Nous avons continué de parler jusqu'à ce que la nuit soit proche.

-On va ramener Thor à la maison, viens, a-t-il dit. Ça lui allait très bien d'avoir un chien :)

-Allez on y va - approuvais-je. Tu as quelque chose de prévu maintenant?

-Non, je voulais aller à Murcie pour acheter quelques cadeaux de Noel pour mes parents.

-Bon, je t'y amène.

Quand il est ressorti de sa maison pour aller à la voiture, il avait quelque chose dans les mains.

-J'ai amené quelque chose pour le goûter!- éclata t-il en montrant le contenu entre ses mains. C'était deux jus et deux barres de céréales. Pablo était comme ça, naturel, et il l'a toujours été. Que je me réjouis qu'il soit mon ami! (au cas où vous ne l'auriez toujours pas remarqué... ).

Nous sommes arrivés au centre de Murcie, nous avons marchés parmi les hippies et nous nous sommes promenés sous les lumières de la Gran Vía. Nous avons traversé le pont de Los Peligros et y avons découvert qu'il y a des images de la Vierge et des fleurs. Nous sommes arrivés à la Glorieta, où il y a des concerts tous les soirs en ce moment dû à la période de Noël (à ce qu'il m'a dit, car il a dû rester là quelques jours pour faire le photographe, lorsqu'il pleuvait).

-Regarde, là nous avions mis le camion de carton. Il partait de là et se terminait ici, me dessina t-il avec des gestes de la main.

-Waouh, quelle joie, n'est-ce pas Pab? Qu'il y ait quelque chose dans la rue que tu aies réalisé. Et que les gens s'arrête, t pour pouvoir le regarder et interagir avec quelque chose que tu as réalisé.

-Bon, pas vraiment. Cela ne fais pas grand chose de sortir dans la rue quelque chose à laquelle je n'ai pas pu dédier deux heures de mon temps. Et quand j'en termine une, il y en a une autre à faire et une autre et une autre.

Le jour suivant, j'étais assise en train d'écrire sur mon ordinateur quand mon téléphone sonna. Je me suis jetée sur lui dans l'espoir d'avoir des nouvelles des Canaries, mais ce que j'ai vu fut mille fois mieux :

"Je suis libre. Je vais me mettre à faire ce que j'aime vraiment. Et voyager! Merci de m'avoir convaincu".

L'expéditeur était Pablo. Le même Pablo que celui qui ne savait pas prendre dans ses bras, me donnait l'impression maintenant de me faire un énorme câlin. J'ai quasiment eu les larmes aux yeux (et pour moi quasiment est déjà énorme car je suis une dure à cuire). C'est un des messages les plus sincères que l'ont m'a jamais transmis, et je l'en ai remercié. Je l'ai appelé direct.

-Tu dis des bêtises -lui dis-je pour lui dire bonjour

-Mais non, mais non. Je suis en train de me promener dans la rue putain -il a l'habitude de fini chaque fin de phrase par putain quand il veut confirmer quelque chose de vrai.

-Je suis très fière de toi -je sais que cette phrase le met mal à l'aise, mais qu'au fond de lui, il se sent aussi heureux que moi quand j'ai reçu son message.


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